Ça y est, nous voilà partis ! Nous voilà lancés dans la première étape de ce grand voyage cycliste de Lille à Olympie ! Trente jours pour franchir les fleuves et les montagnes, traverser sept pays,
découvrir de multiples paysages et de multiples climats. Trente jours, presque 2000 km. Trente jours pour aller à la rencontre des habitants de l’Europe, leur parler de la Grèce et des incendies
qui l’ont ravagée l’été dernier, y détruisant 250 000 hectares d’oliveraies et de cultures.
M. Constantin Tournakis, Consul de Grèce à Lille, nous a d’ailleurs rappelé ce matin combien son pays avait été meurtri dans sa chair.
Jean-Marie Leblanc et Monsieur Constantin Tournakis
Quand nous arriverons à Olympie, nous verrons nous aussi les sols noirs. Alors la somme des efforts fournis et la douleur des muscles engourdis nous paraîtront bien dérisoires par rapport au
désastre subi. Dans un mois, nous rirons de nos crampes mais combien de temps faudra-t-il au Péloponnèse pour se draper à nouveau
Le succès de la conférence de presse à Lille ce matin nous a bien sûr confortés dans notre projet mais à travers nous, c’est d’abord un signe d’espoir immense adressé à tous
les Grecs.
Aussi nous tenions à remercier tous ceux qui nous ont fait l’honneur de leur présence aujourd’hui, en particulier M. Jean-Marie Leblanc, ancien
Directeur du Tour de France, Mme Martine Filleul, Adjointe au Maire de Lille, M. Christian Sergheraert, Président de l’Université Lille 2, M. Frédéric Lobez, Directeur de l’Ecole Supérieure des
Affaires, M. Gontran Lejeune, Président du Centre des Jeunes Dirigeants, et M. Philippe Rodet, Président de l’Elan Nouveau des Citoyens, et qui fut avec Jacqueline de Romilly à l’initiative du
projet « Un Arbre pour la Grèce ».
A tous ceux qui nous ont aidés et encouragés, merci. Nous irons porter vos messages de soutien jusqu’à Olympie.
Le départ est donné à 11h et nous voilà partis. Nos premiers coups de pédales commencent fort avec les pavés de la place Simon Vollant. Heureusement nous
retrouvons rapidement le macadam, laissant derrière nous la Porte de Paris et la figure altière du beffroi de l’Hôtel de Ville. Nos pensées se portent désormais vers Bruxelles où nous dormirons
ce soir et où surtout nous sommes attendus à 18h pour une nouvelle conférence de presse avec les principaux représentants de la communauté grecque locale.
Nous traversons Hellemmes, Villeneuve d’Ascq, premiers jalons de notre itinéraire, puis arrive la campagne. Le ciel est blanc, les températures plutôt fraîches. Rien de tel pour se mettre en
jambes. A Baisieux, nous laissons nos amis cyclistes de l’Université Lille 2 qui s’étaient joints à nous pour ces premiers kilomètres.
Puis c’est la frontière : une station essence et une boutique de pralines. Telle pourrait être la Belgique pour qui en resterait là.
Etrange espace qu’une frontière. Trois maisons. Ici plus de douanes et pourtant y demeure toute la charge symbolique qui leur sont attachées. On ne passe jamais une frontière sans quelque
émotion, surtout quand il nous reste tout un continent à traverser. Et ce n’est sans doute pas un hasard si c’est à endroit précis que nous connaissons avec Guillaume notre première
crevaison.
La réparation rapidement effectuée, il est alors 12h30 et nous profitons de la pause inopinée pour déjeuner. Sandwiches, pain d’épices et
barres de céréales, de quoi redémarrer au plus vite et rattraper le temps perdu.
Puis c’est Tournai dont les hautes tours romanes surgissent des brumes comme des aiguilles de montagnes. La ville est ancienne et
s’enorgueillit de sa cathédrale et de ses belles façades à pas de moineaux. Nous franchissons alors l’Escaut et pénétrons dans un pays de collines verdoyantes et de pâtures à vaches. Les routes y sont montueuses mais
ce n’est rien comparé à ce qui nous attend dans les Alpes ou même
dans les Ardennes. Chacun grimpe à son rythme, puis le peloton se reforme
naturellement pour la descente qui s’ensuit. C’est ça aussi l’esprit d’équipe !
A Lessines, vers 15h le soleil se dégage peu à peu. Il ferait presque chaud. Nous avons parcouru un peu plus de la moitié du parcours mais nous
sommes encore loin de Bruxelles. Chaque mètre, chaque kilomètre nous en rapproche. Pour éviter les grandes nationales à 2x2 voies, nous pénétrons dans un lacis de petites routes tranquilles au risque d’emprunter des secteurs pavés non
spécifiés de la sorte sur les cartes au 200 000e (notamment entre Lennik et St Gertrudis-Pede).
La radio annonce la victoire au Tour de Belgique de deux Belges : Tom Boonen pour l’étape (Buggenhout - Putte) et Stijn Devolder au final. On
en conclurait facilement que nous passons inaperçus dans la page cyclisme du
jour. Et pourtant, nous ne manquons pas de recevoir des signes de sympathie de la part de passants, d’automobilistes ou de cyclotouristes.
Puis c’est Anderlecht et enfin Bruxelles !
Il est 18h25.
A l’arrivée au Kafeneio, restaurant grec situé non loin la Commission Européenne, M. Philippe Rodet et les représentants de la communauté
grecque de Bruxelles, en premier lieu M. Vassilis Karavassilis pour l’Ambassade de Grèce en Belgique, nous attendent pour enchaîner sur une nouvelle conférence de presse. Sans une douche mais
autour de délicieuses pâtisseries au miel. Cela fait plaisir d’être accueillis de la sorte après quasiment 120 km dans les jambes, savoir surtout qu’à chaque étape jusque à Olympie, nous pourrons partager notre projet avec le plus grand nombre.

Pour l’heure l’hôtel donne sur l’aéroport de Zaventem. Les avions décollent en cadence. Le prochain vol pour Athènes est à 7h10 demain matin
(arrivée heure locale 12h50). Personne ne songe à réserver son billet. Comme quoi, le vélo a encore ses adeptes...
A suivre…
Prochaine étape : mardi 3 juin / Bruxelles - Dinant