Première très grosse étape du parcours. Cette journée constitue un véritable test : si nous n’arrivons à franchir
aujourd’hui les Ardennes, inutile de rêver pouvoir ensuite passer les Vosges, la Forêt Noire ni même évidemment les Alpes.
Bien que sa blessure le tiraille encore, Julien se remet très bien de sa chute d’hier et il est tout aussi prêt que nous
tous à s’élancer à l’assaut des montagnes. Nous quittons donc l’hôtel de bonne heure et après une mise en jambes par un chemin verdoyant le long de la Lesse, arrivés à Anseremme, nous attaquons
d’emblée par une côte hardie afin de nous extraire de la vallée de la Meuse. Nous passons cette première épreuve avec soulagement.
Puis à Beauraing, une nouvelle côte nous attend du haut de ses 8% ! Nous la franchissons sans réelle difficulté, preuve aussi de la qualité de nos vélos.
Mais le pire reste à venir. Après Wellin, la route serpente à travers les bois et tout d’un coup grimpe sans discontinuer pendant 5 km. A chaque virage, nous en espérons la fin mais
chaque fois, la route ouvre sur un nouveau virage. Le moral baisse aussi vite que les ressources physiques. Le peloton explose, chacun ne pouvant continuer qu’en roulant à son propre rythme.
C’est dur, effroyable même. Mais la récompense est en haut sous la forme d’un copieux déjeuner qui nous revigore tous. Il est 11h30. Nous avons à peine parcouru 45 des 135 km de l’étape.
Epuisés, nous attendons là presque une heure avant de repartir. Ce n’est alors plus jusqu’à Arlon qu’une succession de trop
longues montées et de trop courtes descentes. Nous avons à peine la force de nous attarder sur le paysage. Partout du brun et du vert, parfois quelques touffes de jaune : nous traversons des
forêts de conifères et de bruyères en fleur. Dommage que le ciel morne peine tant à donner de la vitalité aux choses. Les villages épars ont les nuances grises de la pierre et de l’ardoise,
tandis que des vaches crème paissent dans les prés alentours.
Nous n’apercevons ni cerf ni sanglier, animaux rois des Ardennes. Mais nous avons la chance de voir de temps à autre un rapace prêt à filer sur sa proie et surtout un écureuil
roux bondissant presque devant nos roues.
Arlon marque une rupture dans la journée. Le sommet sur lequel est bâtie la ville
est la dernière côte de la journée et surtout le soleil fait une apparition plus poussée. Il ne reste plus ensuite que 30 km par une route plane et au revêtement excellent. Nous les avalons à
vive allure, et la frontière franchie, nous atteignons Luxembourg alors que s’y déroule le prologue du Tour du Luxembourg.
Difficile étape que celle-là. Mais comme les précédentes, nous l’avons effectuée, plus que jamais motivés d’atteindre Olympie le 30 juin. Nous passons alors rapidement à l’hôtel le temps de
déposer nos affaires car nous sommes invités par Mme Sia Kavvadia, Présidente de la Communauté Hellénique de Luxembourg, pour un repas typique en compagnie de ses amis grecs. L’accueil est
particulièrement chaleureux et nous y dégustons ouzo, feta, saganaki, moussaka et karydopita. C’est l’occasion de rappeler l’objectif de notre projet et nous recevons avec fierté leurs
encouragements et leur entier soutien pour la suite.

A suivre…
Demain, repos
Prochaine étape : vendredi 6 juin / Luxembourg – Sarrebruck