Lors de la 9ème étape entre Munich et Garmisch Partenkirchen, longue de 92 km, les première vraies difficultés sont apparues : le profil de l’étape tout d’abord, les conditions météorologiques ensuite.
Les ascensions étaient telles que ça tirait dans les cuisses plus que jamais. Harsh explique « la douleur était terrible et,
dans ce cas là, on pensait aux
pauvres gens qui sont décédés durant les incendies et ça passait ».
« On se disait, on n’a pas le droit d’échouer et on se faisait autant mal qu’il le fallait pour continuer » poursuit
Julien.
Autre facteur qui est venu rendre l’étape encore plus difficile, la pluie. « On a eu le
choix entre des averses incroyables, on ne voyait plus rien et, au mieux, du brouillard » précise Christophe.
« Ce soir, il faut récupérer, préparer l’étape de demain qui sera, elle aussi, très difficile, et penser à la conférence de presse d’Innsbruck » dit Guillaume…
Enfin, une bonne nouvelle, Romain est en pleine forme… malgré sa récente chute.
A mi-parcours en Lille et la Grèce et en cette année olympique, nous entamons aujourd’hui avec Munich un tour des villes de la région ayant accueilli les Jeux : Munich donc, Garmisch-Partenkirchen demain puis Innsbruck mardi. Aussi loin sommes-nous encore de l’arrivée, c’est le genre de détail qui nous rapproche mentalement du stade d’Olympie. Par ailleurs nous sommes rassurés que Romain se remette si vite de sa plaie à la jambe.
Quant à Munich même, nous tombons, ce que nous n’avions absolument pas prévu, en plein week-end de jubilé : la ville fête ses 850 ans et les rues sont encombrées par la foule et des tables provisoires. Tout peut alors se résumer à un florilège de clichés, de bière et de culottes de peau, bretelles et chapeaux à plume au son des fanfares de cuivres.
Dans de telles circonstances, les touristes ont déserté les musées pourtant si riches en chefs-d’œuvre : notamment un buste d’Homère et il nous fallait bien tôt ou tard rendre hommage à
l’aède dont nous avons emporté L’Odyssée dans nos valises. Car après deux semaines de route, passant de Charybde en Scylla, après avoir échappé aux Sycones et aux Lotophages, le
périple n’est pas fini et la question se pose pour les jours prochains : avalerons-nous les Alpes comme le Cyclope avalait les compagnons d’Ulysse ?
A suivre…
Demain, étape 9 : Munich – Garmisch-Partenkirchen
Selon les nouvelles du jour, la jambe de Romain évolue au mieux si bien qu’il pourra reprendre la route demain… Toute l'équipe se porte bien et
le moral est au beau fixe.
Le véhicule qui ouvre la route à nos cyclistes
A peine remis de l’étape déjà difficile d’hier, nous enchaînons aujourd’hui avec une nouvelle étape de 150 km, la dernière avant les Alpes. Nous quittons Ulm à 9h30 sous un ciel menaçant, sombre et venteux : la pluie serait-elle donc pour aujourd’hui ? Depuis notre départ de Lille, la chance nous a toujours gâtés. Même cernés de lourds nuages, quand nous roulions sur des routes mouillées et que non loin le tonnerre tonnait de ses grondements sourds (ainsi avant Sarrebruck pendant 40 km !), jamais encore nous n’avons connu l’averse à vélo.
Nous commençons par longer le Danube pendant 20 km avant de le franchir Leipheim. Nous sommes encore proches de sa source mais il a déjà ici une contenance et une torpeur de grand sage. Ses eaux tranquilles iront ensuite baigner Vienne, Bratislava, Budapest, Belgrade. Et comme lui avec le projet « Un arbre pour la Grèce », nous traversons l’Europe pour relier les peuples.
Nous passons Günzburg puis Burgau, petite ville attachante avec sa tour porche et son clocher rose, penché tel celui de Pise. Notre route bifurque alors de l’itinéraire défini lors de la préparation du voyage. Afin d’éviter la traversée d’Augsbourg en peloton, ce qui nous ralentirait immanquablement, nous décidons d’en contourner l’agglomération par le sud. Nous empruntons donc de petites routes à travers des forêts de sapins et de mélèzes.
Les vallons y sont peu encaissés mais tous orientés vers le nord de sorte que nous les enchaînons perpendiculairement, au plus fort de leur pente. A 13h, arrivés à peu près à mi-parcours, nous
déjeunons dans une clairière, près d’un
parc à daims. A la reprise, ce que nous craignons arrive : il pleut. D’abord en gouttes fines puis par courtes ondées en gouttes plus grosses. C’est l’occasion de tester l’efficacité de nos
imperméables dans les conditions pour
lesquelles ils ont été conçus. Mais l’averse ne dure pas, la chance encore une fois.
Nous poursuivons à bonne
allure par Bobingen, Königsbrunn et Mering. Soudain c’est l’accident : arrêté à un stop dans le village d’Althegnenberg, Romain lâche son vélo qui lui tombe dessus, les dents du pédalier en avant, dans les tissus protégeant le tibia. L’entaille est assez
profonde mais passé le moment de frayeur, la blessure désinfectée et bandée, Romain se relève. Il reste encore 40 km. Il est 16h.
Malgré la distance déjà effectuée, nous roulons assez vite d’autant plus que le plateau bavarois se désagrège ensuite en multiples buttes peu élevées, autant d’obstacles désormais plus faciles
pour nous à surmonter. Le soleil revient par belles éclaircies sur ce paysage agreste. Le blé est vert encore mais nous avons la surprise d’apercevoir de tant à autres des champs rouges de
coquelicots.
Puis c’est bientôt la ville, ses banlieues résidentielles, enfin Munich vers 18h30.
A suivre…
Prochaine étape : dimanche 10 / Munich – Garmisch-Partenkirchen
En quittant Stuttgart ce matin, nous
laissons derrière nous une ville dédiée presque exclusivement aux automobiles. Les pistes cyclables y sont rares et nous mettons plus d’une heure en plein trafic à sortir de l’agglomération. Les
banlieues assorties de morceaux de campagne s’allongent ainsi dans la vallée du Neckar avec à notre droite entrepôts et usines d’assemblage et à notre gauche, curieux contraste, des coteaux
couverts de vignobles. Le temps s’est mis au frais, ce qui pourrait augurer d’une journée plus agréable que les précédentes étapes.
Respectueux du code de la route, nous nous évertuons suivre autant que possible les pistes cyclables, mais comme avant-hier, cela nous est souvent préjudiciable : allure en accordéon, les
véhicules accompagnateurs loin en avant, séparation visuelle, détours inutiles voire pire quand peu avant Wernau, Julien s’égare complètement en pensant nous rattraper. Devant lui, la piste
cyclable s’achève, il poursuit à travers champs, traverse le fleuve et loin de nous rejoindre, il atteint Reichenbach, une localité à l’écart 6 km derrière nous. Bien sûr aussitôt sa disparition
remarquée, nous nous sommes tous attelés à le retrouver – autant dire dans les circonstances, mission impossible – et ce n’est que une heure plus tard grâce au portable qu’il peut enfin nous
indiquer sa position, près d’un supermarché.
Il est alors midi et nous en profitons
pour manger. Nous n’avons parcouru que 20 km !
Après quoi s’annonce peu à peu le Jura
Souabe. D’abord par un long faux plat puis à Neidlingen par une franche montée. Quand nous sommes partis de Lille, nous imaginions bien sûr devoir affronter les Ardennes, les Vosges, la Forêt
Noire et les Alpes mais le Jura Souabe nous restait inconnu. Dorénavant nous saurons à quoi nous en tenir : des pentes intenses et longues et des paysages à couper le souffle : où que
l’on regarde, des sommets étranges comme taillés par une main invisible. Nous montons nos premiers virages en épingle à cheveu du périple et ce ne sont là qu’une mise en bouche, un simple
entraînement avant ces Alpes dont nous nous rapprochons sans cesse.
La première ascension (car c’est une
véritable ascension : nous allons dépasser les 800 m) est uné véritable épreuve : 4 km avec une pente moyenne de 7% ! Quelle victoire quand nous en venons à bout ! Nous
méritons une courte pause. Il est 15h. Puis la descente, toute aussi raide et par là dangereuse, nous permet de mesurer l’ampleur de la montée qui la précédait.
De Wiesensteig s’entame la seconde ascension, plus dure
et plus âpre que la première, non plus de courts virages mais de vastes volées aux pentes inouïes. Heureusement celle–ci est plus courte et nous permet de découvrir des hauteurs le village dans
son site sublime.
Une fois la barrière du Jura Souabe franchie, il ne nous reste plus qu’à descendre tranquillement les 40 km qui nous séparent d’Ulm, ville dont nous apercevons à 18h30 la flèche de la cathédrale,
161 mètres et tout simplement la plus haute du monde.
Voici nos trois logisticiens. Comme on a déjà eu l’occasion de le dire, sans eux, rien ne serait possible.
Anthony
20 ans en deuxième année de BTS banque. C’est un garçon sérieux,
aimable et solidaire.
David
29 ans. C’est un peu notre plume et notre boussole
Nicolas
22 ans en deuxième année de BTS banque. C'est un garçon très
sportif, solidaire et agréable.
Un grand merci à chacun d'eux !
Christophe, Guillaume, Harsh, Julien, Romain
Je suis, depuis le jour de votre départ, les péripéties de votre voyage et mes pensées vous accompagnent. Je ne peux que rendre hommage, encore
une fois, à votre immense courage et à votre détermination sans faille. Merci encore pour cette belle initiative en faveur de mon pays qui, malheureusement, vient d'être frappé par un
séisme dans la région où vous devez vous rendre.
Monsieur Constantin Tournakis, Consul de Grèce à Lille
Nous voudrions, une fois encore, dire à quel point les messages de soutien sont importants pour nous et nous touchent
énormément. Dès que nous en avons la possibilité, nous allons voir notre blog pour lire, et parfois relire, les encouragements des uns et des autres.
On se sent soutenu et cela est d’autant plus important que la fatigue va de paire avec l’éloignement.
Nous souhaitons aussi remercier ici nos trois logisticiens de leur aide précieuse.
Pour mener à bien ce que nous avons entrepris, il a fallu une mobilisation exceptionnelle de beaucoup de personnes. Nous tenons ici à remercier chacune d’elles.
Lorsque nous éprouvons de grandes difficultés lors de certaines ascensions ou après des chutes, nous pensons à notre objectif. Il est beau et il mérite que l’on se fasse parfois très mal. Oui,
avec vos soutiens, un idéal et de la volonté, on peut réussir. Ensemble, allons-y !
Merci.
Christophe, Guillaume, Harsh, Julien, Romain
Des personnalités...
Son Excellence Monsieur Georges Anastassopoulos

Président de la Conférence Générale de l'UNESCO
Monsieur Théodoros Kassimis

Vice-Ministre des Affaires étrangères (Grèce)
Son Excellence Monsieur Dimitrios Paraskevopoulos

Ambassadeur de Grèce en France
Madame Jacqueline de Romilly

de l'Académie Française
Madame Niki Goulandris

Présidente du Musée d'Histoire Naturelle d'Athènes
Nikos Aliagas

Journaliste, animateur de télévision
Stéphane Bern

Journaliste, animateur de radio et télévision
Jean-Marie Leblanc

Ancien directeur du Tour de France
et des dirigeants d'entreprises...
Pierre Berthou

Membre du bureau du C.J.D.
Gontran Lejeune

Membre du bureau du C.J.D.
Emmanuel Thaunier

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Emmanuel Vasseneix

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