En quittant Stuttgart ce matin, nous
laissons derrière nous une ville dédiée presque exclusivement aux automobiles. Les pistes cyclables y sont rares et nous mettons plus d’une heure en plein trafic à sortir de l’agglomération. Les
banlieues assorties de morceaux de campagne s’allongent ainsi dans la vallée du Neckar avec à notre droite entrepôts et usines d’assemblage et à notre gauche, curieux contraste, des coteaux
couverts de vignobles. Le temps s’est mis au frais, ce qui pourrait augurer d’une journée plus agréable que les précédentes étapes.
Respectueux du code de la route, nous nous évertuons suivre autant que possible les pistes cyclables, mais comme avant-hier, cela nous est souvent préjudiciable : allure en accordéon, les
véhicules accompagnateurs loin en avant, séparation visuelle, détours inutiles voire pire quand peu avant Wernau, Julien s’égare complètement en pensant nous rattraper. Devant lui, la piste
cyclable s’achève, il poursuit à travers champs, traverse le fleuve et loin de nous rejoindre, il atteint Reichenbach, une localité à l’écart 6 km derrière nous. Bien sûr aussitôt sa disparition
remarquée, nous nous sommes tous attelés à le retrouver – autant dire dans les circonstances, mission impossible – et ce n’est que une heure plus tard grâce au portable qu’il peut enfin nous
indiquer sa position, près d’un supermarché.
Il est alors midi et nous en profitons
pour manger. Nous n’avons parcouru que 20 km !
Après quoi s’annonce peu à peu le Jura
Souabe. D’abord par un long faux plat puis à Neidlingen par une franche montée. Quand nous sommes partis de Lille, nous imaginions bien sûr devoir affronter les Ardennes, les Vosges, la Forêt
Noire et les Alpes mais le Jura Souabe nous restait inconnu. Dorénavant nous saurons à quoi nous en tenir : des pentes intenses et longues et des paysages à couper le souffle : où que
l’on regarde, des sommets étranges comme taillés par une main invisible. Nous montons nos premiers virages en épingle à cheveu du périple et ce ne sont là qu’une mise en bouche, un simple
entraînement avant ces Alpes dont nous nous rapprochons sans cesse.
La première ascension (car c’est une
véritable ascension : nous allons dépasser les 800 m) est uné véritable épreuve : 4 km avec une pente moyenne de 7% ! Quelle victoire quand nous en venons à bout ! Nous
méritons une courte pause. Il est 15h. Puis la descente, toute aussi raide et par là dangereuse, nous permet de mesurer l’ampleur de la montée qui la précédait.
De Wiesensteig s’entame la seconde ascension, plus dure
et plus âpre que la première, non plus de courts virages mais de vastes volées aux pentes inouïes. Heureusement celle–ci est plus courte et nous permet de découvrir des hauteurs le village dans
son site sublime.
Une fois la barrière du Jura Souabe franchie, il ne nous reste plus qu’à descendre tranquillement les 40 km qui nous séparent d’Ulm, ville dont nous apercevons à 18h30 la flèche de la cathédrale,
161 mètres et tout simplement la plus haute du monde.



A suivre…
Demain, étape 8 : Ulm - Munich














Il est
13h40 et nous profitons de cet arrêt pour enfin déjeuner. La ville au demeurant ne manque pas de cachet avec son château, ses ponts couverts et ses églises baroques. Nous avons alors parcouru 70
km sur des routes planes mais la deuxième partie de l’étape s’annonce nettement plus difficile avec les contreforts de la Forêt Noire à franchir.

La
6ème étape, longue de 142 km, a été difficile. Au petit point de ce soir, on ressentait très nettement la fatigue. Il est plus que jamais important d’encourager nos cyclistes.










