A peine remis de l’étape déjà difficile d’hier, nous enchaînons aujourd’hui avec une nouvelle étape de 150 km, la dernière
avant les Alpes. Nous quittons Ulm à 9h30 sous un ciel menaçant, sombre et venteux : la pluie serait-elle donc pour aujourd’hui ? Depuis notre départ de Lille, la chance nous a toujours
gâtés. Même cernés de lourds nuages, quand nous roulions sur des routes mouillées et que non loin le tonnerre tonnait de ses grondements sourds (ainsi avant Sarrebruck pendant 40 km !), jamais encore nous n’avons connu
l’averse à vélo.
Nous commençons par longer le Danube pendant 20 km avant de le franchir Leipheim. Nous sommes
encore proches de sa source mais il a déjà ici une contenance et une torpeur de grand sage. Ses eaux tranquilles iront ensuite baigner Vienne, Bratislava, Budapest, Belgrade. Et comme lui avec le
projet « Un arbre pour la Grèce », nous traversons l’Europe pour relier les peuples.
Nous passons Günzburg puis Burgau, petite ville attachante avec sa tour porche et son clocher rose, penché tel celui de
Pise. Notre route bifurque alors de l’itinéraire défini lors de la préparation du voyage. Afin d’éviter la traversée d’Augsbourg en peloton, ce qui nous ralentirait immanquablement, nous décidons
d’en contourner l’agglomération par le sud. Nous empruntons donc de petites routes à travers des forêts de sapins et de mélèzes.

Les vallons y sont peu encaissés mais tous orientés vers le nord de sorte que nous les enchaînons perpendiculairement, au plus fort de leur pente. A 13h, arrivés à peu près à mi-parcours, nous
déjeunons dans une clairière, près d’un
parc à daims. A la reprise, ce que nous craignons arrive : il pleut. D’abord en gouttes fines puis par courtes ondées en gouttes plus grosses. C’est l’occasion de tester l’efficacité de nos
imperméables dans les conditions pour
lesquelles ils ont été conçus. Mais l’averse ne dure pas, la chance encore une fois.
Nous poursuivons à bonne
allure par Bobingen, Königsbrunn et Mering. Soudain c’est l’accident : arrêté à un stop dans le village d’Althegnenberg, Romain lâche son vélo qui lui tombe dessus, les dents du pédalier en avant, dans les tissus protégeant le tibia. L’entaille est assez
profonde mais passé le moment de frayeur, la blessure désinfectée et bandée, Romain se relève. Il reste encore 40 km. Il est 16h.

Malgré la distance déjà effectuée, nous roulons assez vite d’autant plus que le plateau bavarois se désagrège ensuite en multiples buttes peu élevées, autant d’obstacles désormais plus faciles
pour nous à surmonter. Le soleil revient par belles éclaircies sur ce paysage agreste. Le blé est vert encore mais nous avons la surprise d’apercevoir de tant à autres des champs rouges de
coquelicots.
Puis c’est bientôt la ville, ses banlieues résidentielles, enfin Munich vers 18h30.

A suivre…
Prochaine étape : dimanche 10 / Munich – Garmisch-Partenkirchen