Comme dit le poète grec Cavafy : « ce n’est pas la destination de l’arrivée qui compte nécessairement mais c’est le plaisir du voyage »…
Grâce à vous, on en saura un peu plus sur nous-même et vous, aurez-vous peut-être appris un peu plus sur vos limites pour pouvoir les dépasser dans vos prochains défis.
Bravo et courage !
La douzième étape entre Bressanone et Trento, longue de 99 km, a été difficile en raison du vent et de la chaleur, supérieure à 30 °. A l’arrivée, la fatigue était très perceptible. Heureusement, après le repas, l’état général des jeunes cyclistes s’améliorait.
En récupérant bien demain et en adaptant le contenu des bidons à la chaleur, tout devrait rentrer dans l’ordre.
Nous voilà ce matin au pied du mur : 800 m de dénivelé, 37 km de montée afin de franchir le Brenner et entrer en Italie. Sans aucun doute la plus difficile étape de tout le parcours entre Lille et Olympie et par là-même tout un symbole de notre détermination dans le projet « Un arbre pour la Grèce ».
Cependant il pleut de nouveau sur Innsbruck et nous nous voyons déjà devoir affronter à la fois l’averse et la montagne. Nous ne nous résignons pas et, miracle, à peine sortons-nous les vélos de la camionnette que de belles éclaircies viennent échancrer de bleu le blanc des nuages. Nous partons à 10h. La grimpée peut commencer.
Les premiers virages, très raides, offrent en compensation une belle perspective sur la ville et les sommets enneigés derrière. Le plaisir des yeux mais que c’est dur pour les jambes ! Aussi décidons-nous de nous arrêter régulièrement tout au long de ces 37 km afin de nous détendre les mollets, apprécier le trajet parcouru et prendre un en-cas. De cette manière, en gardant la cohésion du groupe, nous nous soutenons les uns les autres dans l’effort et l’endurance.
La pente n’est pas régulière de bout en bout. Les passages ardus en épingles à cheveux alternent avec des faux plats, voire de courtes descentes. Mais ne vous y méprenez pas, la route monte et même rudement. Et dire que le Brenner est l’un des cols les plus bas des Alpes !
C’est là un axe de communication de première importance entre l’Italie et le reste de l’Europe. S’y succèdent sans cesse camions et longs
convois de marchandises. De la nationale que nous empruntons, nous découvrons ainsi les nombreux ouvrages d’art réalisés pour le passage de l’autoroute et celui de la voie ferrée : ponts
viaducs, tunnels…
Nous mettons près de 4 heures pour parvenir exténués au col proprement dit à 1375 m d’altitude. Nous sommes là au cœur de l’Europe, à 2000 km de Moscou et de Lisbonne, à 1200 km de Malte et de la pointe sud de la Norvège, à 1400 km de Dublin et d’Athènes ! Là-haut pourtant le site paraît bien décevant : de simples parkings et un grand centre commercial.
Nous mangeons devant la borne-frontière, passant allégrement au hasard des plats de l’Autriche à l’Italie et de l’Italie à l’Autriche. Nous repartons à 15h pour les 45 derniers kilomètres, tout en descente, sans forcer, alourdis de la fatigue de ce matin.
Devant nous, le paysage immense se met à vibrer de lumière, la route enserrée en bord de torrent entre pâtures et prairies de fleurs, et partout ce vert d’herbes et de sapins, qu’en roulant, nous avons l’impression de pénétrer comme dans un rêve.
Après Vipiteno, la vallée peu à peu s’évase. Nous retrouvons les arbres fruitiers et les vignobles que nous avions laissés après Stuttgart. Il fait très chaud, environ 30° et le pneu arrière de Romain crève. Sans doute un gravier.
Plusieurs châteaux scandent les hauteurs. Nous passons même sous les portes d’une ancienne forteresse qui contrôlait l’accès du Brenner. A 16h30, nous arrivons à Bressanone (Brixen en allemand car on y parle autant cette langue que l’italien), petite ville groupée autour de sa cathédrale baroque et sertie
dans son écrin de montagnes. Etape accomplie. Nous avons franchi les
Alpes !
Demain, étape 12 : Bressanone – Trente
Le mercredi 18 juin, jour de la onzième étape, nos cyclistes sont partis de Innsbruck pour rejoindre Bressanone, après 81 km.
Leur motivation au départ était rehaussée par la découverte dans le plus grand quotidien autrichien d’un article concernant leur opération, suite à la conférence de presse d’hier.
L’étape d’aujourd’hui s’est bien passée et le moral des troupes était ce soir au beau fixe.
Autre source de satisfaction, un échange avec un quotidien français, « Nord
Eclair », qui devrait faire un nouvel article à leur sujet, samedi.
Belle allure, comme dirait Jean-Marie Leblanc !
Avec la pluie continuelle aujourd’hui, les montagnes dont on apercevait encore hier soir les neiges éternelles ont complètement disparu dans les nuages, et l’Inn, gonflé à son maximum en cette fin de printemps a pris des airs de gigantesque torrent alpin, violent et glacial. Le tableau s’éclaircit tout de même dans l’après-midi sans que l’on sache précisément ce que le ciel nous réserve pour demain.
La vieille ville, quant à elle vit au rythme de l’Euro 2008. Demain la Suède et la Russie, heureux vainqueurs de la Grèce les semaines passées, doivent s’affronter dans un match décisif et les supporters sont déjà prêts. Ah, s’il pouvait y avoir autant de monde pour des causes humanitaires et de solidarité entre les peuples !
Après deux étapes alpines d’affilée et en attendant la troisième, plus terrible encore, qui nous verra passer le col du Brenner, nous profitons de cette journée à Innsbruck pour récupérer de nos fatigues. C’est aussi l’occasion de rencontrer des journalistes et notamment Margaret Klausner du Tiroler Tageszeitung, principal quotidien, afin de faire connaître au plus grand nombre le projet « Un arbre pour la Grèce » et ainsi engendrer de nouveaux dons sur le site www.unarbre.org. L’objectif de 100 000 € permettra d’assurer la plantation et l’irrigation jusqu’à maturité de 10 000 oliviers.
A suivre…
Demain, étape 11 : Innsbruck – Bressanone
Cette étape de 53 km, la plus courte de tout notre parcours entre Lille et Olympie, n’en est pas la plus facile pour autant. Tout commence d’ailleurs sous une pluie fine par la remontée fastidieuse des 15 derniers kilomètres descendus hier soir. C’est à vélo que l’on comprend mieux la géographie et les contraintes qu’elle impose aux hommes. Nous imaginons les commerçants d’autrefois avec leurs charrettes et leurs bœufs se frayant comme nous aujourd’hui un chemin dans les montagnes avec la seule certitude qu’en dehors des confluences, changer de vallée implique nécessairement le passage d’un col.
Ainsi retrouvons-nous 200 m plus haut la vallée de l’Isar que nous allons désormais suivre jusqu’en Autriche. La rivière est vive et ses eaux turquoise, glaciales. Mais ce sont d’anciens glaciers qui ont raboté et élargi la vallée, de telle sorte que nous roulons pendant 15 km sur un long faux plat : la Scharnitzpass (955 m), point de passage naturel le long duquel se sont établis de nombreux petits villages aux maisons colorées. Après Mittenwald, c’est la frontière. Les panneaux métalliques modernes y côtoient une vielle borne de pierre marquée de l’aigle autrichien et du nom d’une province. Nous entrons dans le Tyrol.
La route s’élève peu à peu puis franchement aux abords de Seefeld. C’est là que nous atteignons notre point culminant de la journée au dessus de 1200 m. Cette seconde grimpée nous laisse épuisés. Il est 12h30 et nous rechargeons nos mollets à coups de fruits secs et de barres de céréales.
Il ne nous reste plus alors qu’à descendre sans forcer sur les pédales. D’abord une pente de 9% puis la route devient vertigineuse avec une section de 6 km à 16% ! Heureusement le macadam est sec car nous dépassons les 75 km/h. La route est scandée de pistes d’urgence pour les camions. Mais pour les cyclistes, aucun aménagement n’est prévu. La moindre faute et c’est le ravin ! En quelques minutes à peine, nous descendons un dénivelé de 400 m. C’est le grand frisson. Les mains sur les freins tout de même et quand nous arrivons en bas, nos oreilles en sont bouchées comme à l’atterrissage d’un avion.
A 14h, nous atteignons Innsbruck.
A suivre…L’étape du 16 janvier entre Garmisch Partenkirchen et Innsbruck, moins longue que les précédentes (67 km), s’est bien passée, même si de jours en jours la fatigue s’accumule. Les conditions météorologiques étaient meilleures. Le moral est bon au sein de l’équipe qui prend de plus en plus conscience de ce qu’elle est en train de réaliser.
Aujourd’hui, c’est la rencontre avec la presse autrichienne.
Après huit premières étapes où nous avons roulé globalement vers l’est, nous changeons aujourd’hui franchement de cap : direction le sud, les Alpes, bientôt l’Autriche et l’Italie. Déjà le climat change. Nous quittons Munich à 10h30 sous un franc soleil mais teinté d’un vent frais qui descend des montagnes. La transition est d’autant plus brutale que l’agglomération bavaroise laisse de suite place à des forêts de sapins et des villages de chalets. De loin en loin les champs de blé et de coquelicots, le cliquetis des grillons. Et au détour d’une petite colline, d’abord une simple ligne noire que l’on confondrait presque avec l’horizon mais qui au fil des kilomètres s’épanche peu à peu dans le ciel jusqu’à en barrer le paysage. Là-bas devant nous : les Alpes !
Notre regard n’est dès lors plus qu’obnubilé par cette masse magnétique. Nous pédalons plus vite, plus fort. Nous sommes comme aspirés par la route. Et pourtant à peine 30 km après le départ, nous nous arrêtons par manque de ravitaillement. Pris dans notre rythme quotidien, nous en avons oublié que nous étions dimanche. Partout les boulangeries sont closes. Pas un magasin d’ouvert. Nulle part. Nous en venons à penser nous contenter des dernières barres de céréales encore en stock dans la camionnette mais y en aura-t-il assez pour tous et pire, que ferons-nous cet après-midi quand la fringale nous prendra en pleine ascension ? Ces questions heureusement ne font pas long feu. A Geretsried, un troquet affiche des plats de pâtes à emporter.
Puis nous reprenons notre route. Hélas le beau temps de ce matin tourne vinaigre. De lourds nuages de pluie venant du sud viennent s’éventrer sur les sommets devant nous. Le vent fait le reste et nous rabat l’eau dessus. La pluie est très mais l’averse ne dure pas vingt minutes.
La lumière est plus douce quand nous atteignons le Kochelsee, superbe lac à demi blotti au pied de la montagne. Après quoi, le faux plat que nous avons eu depuis Munich devient une véritable grimpée avec ses épingles à cheveux et ses belles perspectives sur le contrebas.
Mais là-haut, c’est un autre lac que nous découvrons, le Walchensee, les eaux chargées de voiliers au repos. La vue est merveilleuse et nous regrettons qu’un ciel bleu ne vienne pas lui donner des airs de Méditerranée.
Une nouvelle montée franchie, nous rejoignons la vallée de l’Isar et ses villages pastel aux maisons peintes de scènes figuratives. Il ne nous reste plus que 15 km à parcourir quand de nouveau la pluie s’abat sur nous, certes moins violente que tout à l’heure mais tout aussi pénible. Qu’importe, cette fois nous persistons. La descente sur Garmisch-Partenkirchen devient l’enfer. Des giclées d’eau nous criblent la peau jusqu’entre les lunettes. A tel point que nous devons en fermer les yeux à demi, ce qui n’est pas le plus recommandé quand on roule à plus de 50 km/h sur une route mouillée, pentue et avec des virages à négocier.
Finalement à 18h, voici Garmisch-Partenkirchen groupé autour de ses installations olympiques, notamment de son tremplin de saut à ski. Dans la brume, nous devinons à peine la masse sombre du Waxenstein et derrière lui du Zugspigtze, point culminant de l’Allemagne (2966 m).
A suivre…
Un nouvel article dans la presse luxembourgeoise, dans le journal « La Voix » du jeudi 12
juin…
Des personnalités...
Son Excellence Monsieur Georges Anastassopoulos

Président de la Conférence Générale de l'UNESCO
Monsieur Théodoros Kassimis

Vice-Ministre des Affaires étrangères (Grèce)
Son Excellence Monsieur Dimitrios Paraskevopoulos

Ambassadeur de Grèce en France
Madame Jacqueline de Romilly

de l'Académie Française
Madame Niki Goulandris

Présidente du Musée d'Histoire Naturelle d'Athènes
Nikos Aliagas

Journaliste, animateur de télévision
Stéphane Bern

Journaliste, animateur de radio et télévision
Jean-Marie Leblanc

Ancien directeur du Tour de France
et des dirigeants d'entreprises...
Pierre Berthou

Membre du bureau du C.J.D.
Gontran Lejeune

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Emmanuel Thaunier

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Emmanuel Vasseneix

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