Votre voyage touche à sa fin et votre objectif est d'ores et déjà atteint.
A l'issue de votre périple, vous serez accueillis en Grèce comme des athlètes de l'Antiquité.
Au plaisir de vous revoir à Haïdari, pour la cérémonie organisée en votre honneur par la Municipalité, avant votre retour.
Après deux journées particulièrement éprouvantes sur la route, Rimini nous offre le réconfort de l’Adriatique. « La mer ! La mer ! » Nous en guettions le bleu avec tant
d'impatience que désormais plus rien d’autre n’arrête notre regard. C’est cette même eau que la Mer Ionienne prolonge au sud, s’en allant baigner les côtes du Péloponnèse. Nous en sommes si
proches à cinq jours de l’arrivée à Olympie : on en respirerait presque les parfums de la Grèce portés par les vents.
Comme les jours précédents, nous partons de bonne heure. C’est la dernière ligne droite. Au sens propre comme au figuré, car pour cette antépénultième étape, nous avons à suivre la Via Emilia
(N9) pendant 120 km, cap au sud-est et le soleil de face.
Cette antique voie romaine, quasiment plane et rectiligne, pourrait paraître monotone si elle n’était bordée au sud par de basses collines verdoyantes, annonciatrices des Apennins. Il fait si chaud que nous craignons que le macadam en vienne à fondre sous nos roues cet après-midi. Pas de répit. Nous envions
l’ombre fraîche des pins parasols qui ponctuent les abords de la route, mais nous n’avons pas le temps de nous reposer.
Autant la route d’hier
semblait s’alanguir dans ses tortuosités campagnardes, autant celle-ci, avec son trafic incessant, nous presse d’enfiler les villes comme les grains d’un chapelet : Imola, Faenza, Forli (où
nous déjeunons), Forlimpopoli, Cesena chacune distantes d’une quinzaine de kilomètres les unes après les autres. La route n’en finit pas.
A Savignano, nous franchissons à notre tour le Rubicon, petit cours d’eau presque à sec. Alea jacta est. Mais les dés sont jetés depuis longtemps,
depuis notre départ de Lille le 1er juin et même loin avant quand nous avons décidé de tout mettre en œuvre pour réussir ce pari assez fou pour nous de traverser l’Europe à vélo. Notre
but : promouvoir dans les pays traversés le projet « Un arbre pour la Grèce ».
La délivrance vient à 17h à Rimini avec d’abord l’emprise d’un parfum iodé dans nos poumons puis l’horizon qui se dédouble lentement entre les immeubles de villégiature. Et de nous exclamer avec
Xénophon : Thalatta, thalatta. « La mer ! La mer ! »
Avec l’éventail des voies quittant Vérone vers la Plaine du Pô, nous redécouvrons la souplesse d’établir un itinéraire libre sans les
contraintes de la montagne. Aussi optons-nous pour les petites routes de campagne au réseau complexe. Ici très peu de circulation. Nous sommes quasiment seuls. Les villages, épars, paraissent
assoupis comme abrutis par la chaleur. L’étape est longue : presque 150 km ! Il nous faut donc rouler un maximum ce matin pour espérer la finir.
Heureusement dans ce paysage de plaine, nous roulons vite. Autour, les champs de maïs alternent avec les
champs de blé (certains déjà moissonnés) et les rizières. Des hérons passent.
Bientôt nous atteignons le Pô. Tant d’eau douce et nous qui crevons de soif à vider plusieurs bidons par heure… Mais il est encore trop tôt pour nous arrêter. Et c’est 20 km plus loin, à
Concordia, que nous déjeunons sous les arcades ombragées de la place principale. Il est 12h30 et nous avons parcouru 80 km en 3h30. Concordia. Nous avions choisi ce petit village pour son nom, à
lui seul tout un programme, et qui correspond si bien à notre état d’esprit et à celui du projet « Un arbre pour la Grèce ».
A la reprise à 15h, la température frise les 40°. Nous traversons Mirandola, gros bourg sans réel intérêt, mais dont le plus
illustre fils n’est autre que Pic de la Mirandole. A travers lui, nous voulons rendre hommage aux savants de la Renaissance, à ces humanistes qui en s’ouvrant sur le monde et en redécouvrant les
textes grecs, ont placé l’Homme au cœur de leur réflexion et de leurs innovations techniques et philosophiques. Quoique cinq siècles nous en séparent, cet axiome reste le moteur de notre
action.
Les 65 derniers kilomètres nous emmènent à Bologne par des routes plus passantes. Nous y arrivons à 18h dans une cohue de bruits et de véhicules en tous genres. Au moins la ville est vivante et
dynamique. C’est aussi le siège d’une des plus anciennes universités d’Europe.
Demain, étape 15 : Bologne - Rimini
Voilà trois semaines que avons quitté Lille pour cette grande aventure cycliste et humaine à travers l’Europe.
Peu à peu, nous approchons du but et même s’il nous reste encore beaucoup de route à faire, du moins avons-nous franchi les reliefs les plus ardus.
Notre seule inquiétude désormais porte sur la chaleur. Nous n’imaginions pas affronter de telles températures avant la Grèce. A 7h30, il fait déjà 26° ! Autant dire que l’après-midi est
suffocante.
A Vérone nous recherchons de l’ombre, celle des arbres, des palais Renaissance et même l’ombre de Shakespeare…
Demain, étape 14 : Vérone – Bologne
Ayant retenu la leçon des jours passés et afin d’éviter de rouler aux heures les plus chaudes de la journée, nous décidons de partir
ce matin plus tôt que d’habitude. Nous quittons donc Trente à 9h en prolongeant la même route que nous suivons depuis Innsbruck, sinon depuis Munich à travers les Alpes.
Ce sont en effet les derniers soubresauts de montagnes que nous découvrons du fond de la vallée de l’Adige. Et quel spectacle ! Des pics bleus noyés en plein soleil, des rocs épars, des
cascades tombant de hautes falaises et toujours ces vignes comme un océan de raisins.
Nous roulons à vive allure, enfilant 70 km en 3 heures via des villages perchés sur les hautes rives de la rivière et à midi, nous déjeunons à Ceraino, en face de Rivoli. Cyprès et yuccas en
fleurs en ponctuent les accotements.
A la reprise, et
après de larges gorges, l’Adige fait un coude vers l’est, signe que nous changeons d’univers géologique : le dos aux Alpes, nous pénétrons dans la Plaine du Pô.
C’est là, à Volargne, que nous apercevons nos premiers oliviers. Moment des plus forts du périple : c’est en effet pour reboiser les oliveraies du Péloponnèse que nous roulons depuis trois
semaines. L’olivier, symbole de paix et de solidarité. L’olivier, symbole de notre engagement dans le projet « Un arbre pour la Grèce ».
Après une dernière montée à Bussolengo sous une chaleur accablante, nous arrivons à Vérone vers 14h30. Les thermomètres affichent 38° !
Demain, repos
Prochaine étape : lundi 23 juin : Vérone - Bologne
L’étape du samedi 21 juin, entre Trento et Verone, longue de 91 km, s’est bien passée. Marqués par les difficultés inhérentes à la chaleur lors de l’étape précédente, nos cyclisytes sont partis plus tôt ce matin et ont fait les soixante premiers kilomètres dans la matinée alors que la température était encore acceptable. Les 30 km de l’après midi se sont bien passés.
Il faut dire qu’aujourd’hui nos cyclistes étaient motivés par les encouragements de Jean-Marie Leblanc qui les avait appelés hier soir.
« Maintenant, les gars ça va au bout ! » devait conclure l’ancien directeur du « Tour de France ».
Nouvel article concernant l’initiative « Les Citoyens
de l’Europe » dans « Nord Eclair »…
A dix jours de l’arrivée à Olympie, nous nous
acclimatons peu à peu à la chaleur torride de l’Italie : presque 35° encore aujourd’hui.
Après les vignes et les arbres fruitiers déjà évoqués lors des
précédentes étapes, c’est au tour des figuiers de faire leur apparition. Bientôt les premiers oliviers et avec eux toute la flore de Méditerranée. Nous découvrirons alors des paysages sans doute
proches de ce qu’était le Péloponnèse avant les incendies de l’été 2007.
Au-delà de son évidente dimension environnementale, nous entendons aussi avec « Un arbre pour la Grèce » placer le reboisement des oliveraies dans ses
dimensions économiques et culturelles. En effet, derrière chaque arbre, ce sont plusieurs générations, plusieurs vies en filigrane : celui qui l’aura planté, irrigué, taillé, celui qui en
aura récolté les fruits et tous ceux qui l’auront admiré et qui se seront reposer à son ombre.
Ainsi depuis notre départ de Lille, nous tâchons de tisser un peu plus à chaque étape, via les médias et toutes les personnes rencontrées, un fil d’amitié et de soutien envers
les paysans grecs sinistrés. Ce fil, nous le voulons solide de sorte qu’il relie durablement les hommes de tous pays vers un horizon de paix et de solidarité.
Demain, étape 13 : Trente – Vérone
Après le Brenner gravi hier à coups de mollets, nous enchaînons aujourd’hui avec une étape qui pourrait sembler sur le papier des plus faciles : 40 km de descente et 60 km de plat (et de courtes montées tout de même !). Mais dès le départ, c’est un tout autre monde. La chaleur s’installe ; elle ne nous quittera plus.
De Bressanone, nous reprenons donc la route en espérant que celle-ci se rapproche au plus vite de l’Isarco nous
offrir un peu de la fraîcheur de la rivière. En vain : pour éviter les crues, la route est aménagée en hauteur. En contrepartie, les paysages sont grandioses avec une succession de châteaux
et d’églises perchés sur des pitons presque détachés des versants. Et partout des vignes et des arbres fruitiers.
Nous roulons à bonne allure malgré la fatigue et le soleil, et à Campodazzo, en avant de gorges percées entre des falaises rouges, la route nous offre enfin un peu d’ombre et une piste cyclable à voies séparées. Tout heureux d’éviter ainsi les camions, nous nous y engageons naturellement. Trop tard. Le piège déjà se referme.
Impossible en effet de garder en vue les véhicules accompagnateurs. Nous empruntons des tunnels distincts puis nous contournons la dernière butte avant Bolzano par des chemins différents, les uns par la gauche, les autres par la droite, de sorte que ce n’est que près d’une heure plus tard et après maints allers-retours que nous ressouderons le groupe dans une petite rue de la ville.
Il est 13h et nous en profitons pour manger à l’ombre d’un porche. Les thermomètres affichent 31°. Le pire est encore à venir car nous redémarrons aux heures chaudes.
Nous laissons derrière nous les Dolomites. L’Isarco rejoint ici l’Adige dans une large vallée où le soleil et un vent brûlant s’engouffrent à leur guise, nous assaillant de plus belle et sans répit. Nous devons nous arrêter tous les 10 km, assoiffés, asséchés, afin de recharger nos bidons. Et cela ne suffit pas. Nous nous versons même des bouteilles entières sur le visage et le corps, en imaginant la fournaise que nous aurons à supporter lors de notre étape en Grèce.
A notre arrivée à Trente à 17h, une fontaine, narquoise et bienfaitrice à la fois, nous attend devant la cathédrale. La récompense d’une journée d’enfer.
Demain, repos
Prochaine étape : samedi 21 juin / Trente - Vérone
Des personnalités...
Son Excellence Monsieur Georges Anastassopoulos

Président de la Conférence Générale de l'UNESCO
Monsieur Théodoros Kassimis

Vice-Ministre des Affaires étrangères (Grèce)
Son Excellence Monsieur Dimitrios Paraskevopoulos

Ambassadeur de Grèce en France
Madame Jacqueline de Romilly

de l'Académie Française
Madame Niki Goulandris

Présidente du Musée d'Histoire Naturelle d'Athènes
Nikos Aliagas

Journaliste, animateur de télévision
Stéphane Bern

Journaliste, animateur de radio et télévision
Jean-Marie Leblanc

Ancien directeur du Tour de France
et des dirigeants d'entreprises...
Pierre Berthou

Membre du bureau du C.J.D.
Gontran Lejeune

Membre du bureau du C.J.D.
Emmanuel Thaunier

Membre du bureau du C.J.D.
Emmanuel Vasseneix

Membre du bureau du C.J.D.

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